Catherine Saint-Honoré

Le récit est pour moi une histoire de rencontres avec des personnages riches de leur expérience et qui ont contribué à la construction de mon identité et professionnelle. J’entends avoir été, très top, réceptive à ce qui se tramait autour de moi. Dès l’enfance, j’ai accueilli des bribes de l’histoire familiale, écouté parler créole sans pour autant tout comprendre de ce patois coloré. En sélectionnant certaines informations, en établissant des connexions avec des évènements entendus et vécus je tentai alors de reconstituer l’histoire de vie de mes proches. Aujourd’hui, je pense que ce fut ma façon de donner du sens à mon cheminement et c’est ce qui m’a permis d’accepter les différences. Ensuite, j’ai écrit dans un journal mes émotions, sans respect de l’ordre arbitraire et spécifique des faits, puis j’ai conté des histoires, et j’ai écrit des nouvelles, littérature grise parfois à quatre mains. Cette inclination à écrire m’a accompagnée des années durant, à produire des contributions et ce jusque dans le cadre d’un master, étape d’élaboration d’un mémoire sur le thème du groupe écriture. Dans cet espace à travers des situations d’enquêtes il m’a fallu manipuler des enregistrements pour reconstituer un dialogue porteur de sens. Cette disposition à l'interprétation de données assemblées, dans un souci de produire et retranscrire à l’écrit le développement de ma pensée a été renforcée lorsque j’ai débuté mon activité professionnelle au sein de l’appareil de formation.
La rencontre avec un groupe de formateurs dont le travail était et, est encore, centré sur la production d’écrits professionnels a fait résonance avec ma trajectoire. Comment contribuer à ce que les apprenants puissent parler de leurs pratiques professionnelles, d’accompagnement ? Si l’invisibilité des pratiques sociales demeure en France, je pense que le récit est une forme littéraire qui participe à produire des connaissances tournées vers ce qui peut participer à la résolution de problèmes. Cela permet d’une part à l’auteur, de resituer dans un ordre spécifique les faits d’une rencontre avec autrui et d’entendre ses éprouvés. Ce processus participe à une distanciation avec la situation, à une lecture, une lisibilité jusqu’alors camouflée de l’éventuel blocage ou encore à une compréhension de ce qui a aidé pour que ça marche. Il s’agit à travers l’écriture du récit, alternée à des temps de lecture et d’échanges verbaux, de déplacer une situation de son contexte pour pouvoir s’en délier, l’analyser de façon distanciée, de construire une pensée critique. Du côté du lecteur cela permet de nourrir ses propres réflexions sur les façons de faire (et aussi autrement).


adresse email envoyer un mail à l'auteur

Renseignements

Titre(s), Diplôme(s) :
Master sciences de l'éducation

Fonction(s) actuelle(s) : Ecrivain(e), Conseil Qualité de Vie au Travail (QVT) & Prévention des situations de crise

Né(e) le 25/11/1965 à Montauban

Pays d'origine : France

Résidence

14 RUE DU GROS CHENE
77240 CESSON
France

Bibliographie

Autres parutions

Catherine Saint-Honoré a publié La participation des personnes accompagnées. In ANAS. n° 269 2018-2 ; Petites histoires de grands moments éducatifs, les travailleurs sociaux racontent. C. l’Harmattan. 2019 ; Management par le projet. In Le Sociographe. n°70 - juin 2020 ; Préface. De la grande exclusion au pouvoir d’agir retrouvé. Le Floch C. L’Harmattan. 2021 https://www.linkedin.com/in/catherine-saint-honore